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Guide · 7 min de lecture

Comment fixer son TJM quand on entre en portage salarial

Une question que ce guide ne tranche pas ?

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Votre tarif journalier ne se déduit pas du salaire que vous visez. Il se construit à partir de trois bornes vérifiables : le plancher conventionnel de la branche, le nombre de jours que vous pouvez réellement facturer dans une année, et ce que l’entreprise de portage prélève sur le prix avant vous. Les trois figurent dans des textes publics, et nous les posons avec vous.

Contrat papier de plusieurs pages posé en pile légèrement décalée, agrafe visible

Le TJM ne se lit dans aucune moyenne locale

Autant l’écrire tout de suite : aucune source publique ne publie un tarif journalier moyen par métier et par territoire. Ni le nombre de salariés portés, ni le nombre de missions conclues autour de Marseille ne sont recensés. Un chiffre présenté comme le TJM du marché local ne repose sur rien de vérifiable.

Ce qui se mesure, c’est le tissu d’entreprises susceptibles d’acheter une prestation d’expertise. Le relevé Sirene du 29 août 2026 fait apparaître des écarts nets d’une commune à l’autre : la section des activités spécialisées, scientifiques et techniques représente 18,7 % des établissements des onze sections suivies à Bouc-Bel-Air, 17,6 % à Fuveau et 15,8 % à Cabriès, contre 9,2 % à Châteauneuf-les-Martigues.

Cet écart, du simple au double, dit une chose utile et une seule : la densité d’entreprises qui font appel à du conseil, de l’ingénierie ou de l’audit n’est pas la même selon l’endroit où vous prospectez. Il ne dit pas ce que ces entreprises paient. Le prix, lui, se construit à partir de bornes juridiques, et c’est l’objet de la suite.

Première borne : le plancher conventionnel de la branche

Le portage salarial dispose de son propre plancher de rémunération, fixé par la convention collective de branche du 22 mars 2017, étendue par arrêté du 28 avril 2017. Son article 21.3 pose quatre échelons, exprimés en pourcentage du plafond de la sécurité sociale.

S’y ajoute une réserve de 10 %, qui prend la forme de l’indemnité de fin de contrat pour un contrat à durée déterminée, et d’une provision constituée sur le compte d’activité pour un contrat à durée indéterminée. Le revenu minimal brut total de 69 % que l’on rencontre parfois n’est pas un cinquième échelon : c’est le total du premier niveau, salaire et réserve additionnés.

Deux précisions changent la lecture de cette grille. Ces planchers sont exprimés en brut, jamais en net. Et ils valent pour une activité équivalant à un temps plein : ce sont des planchers de mission, pas un revenu annuel, puisque les périodes sans prestation ne sont pas rémunérées.

  • premier niveau : 63 % du plafond de la sécurité sociale ;
  • junior : 70 % ;
  • senior : 75 % ;
  • expert : 85 %.

Le chiffre qui circule partout, et qui est faux

Des centaines de pages affirment que le minimum légal en portage salarial vaut 75 % du plafond mensuel de la sécurité sociale. Cette affirmation renvoie bien à l’article L1254-2 du code du travail, et elle est pourtant inexacte pour le portage.

La raison tient en un mot du texte. Ce plancher de 75 % ne s’applique qu’à défaut d’accord de branche étendu. Or un tel accord existe depuis 2017 et il est étendu. Le filet supplétif ne se déploie donc pas, et c’est la grille conventionnelle qui s’applique, dont le premier échelon se situe à 63 %, soit en dessous du chiffre communément cité.

C’est exactement le type d’erreur qui résiste à la vérification rapide : elle remonte à une source officielle, et reste fausse parce qu’elle cite la règle par défaut d’un régime qui n’est pas par défaut. Un candidat qui construit son tarif sur ce chiffre se trompe de repère, dans un sens comme dans l’autre.

Un guide donne la règle générale. C’est presque toujours le détail de votre mission qui décide. Décrivez-nous le vôtre.

Nous écrire sur ce point

Ce que la source ne tranche pas : la conversion en euros

La grille est établie en pourcentages. Pour la convertir en euros, il faut savoir à quel plafond de la sécurité sociale ces pourcentages s’appliquent, et c’est là que la source cesse d’être claire.

L’article 21.3 se réfère littéralement au plafond de la sécurité sociale base 2017, et l’arrêté d’extension du 28 avril 2017 a assorti ce texte d’une réserve excluant toute prise en compte automatique d’une réévaluation du plafond. Mais l’avenant du 20 décembre 2022, qui a réécrit ce texte et a été étendu par arrêté du 10 juillet 2024, ne reprend pas cette réserve. Deux lectures coexistent, l’une avec un plafond gelé, l’autre avec un plafond réévalué, et aucune n’a pu être écartée à la lecture des textes.

La conséquence est directe pour votre calcul : ce site ne publie aucun montant unique présenté comme le minimum légal du portage, parce qu’un tel montant serait faux dans l’une des deux lectures. Le plafond mensuel de la sécurité sociale s’établit à 4 005 € en 2026, pour 220 € par jour et 30 € par heure, valeurs révisées chaque 1er janvier. Le montant applicable à votre situation doit figurer dans votre contrat de travail, et c’est là qu’il faut aller le chercher.

Deuxième borne : 218 jours, le diviseur que l’on oublie

Un tarif journalier n’a de sens que rapporté à un nombre de jours. La convention collective retient, pour les salariés portés en forfait annuel en jours, une base de 218 jours, décomptable en demi-journées. Ce chiffre correspond à la limite posée par l’article L3121-64 du code du travail.

Un plafond absolu de 229 jours par an est prévu, mais il ne s’atteint que par avenant, avec une majoration d’au moins 10 % sur les jours supplémentaires, et il ne peut pas être imposé. À l’inverse, une convention individuelle peut porter sur un nombre de jours inférieur.

Ce diviseur produit deux effets sur votre tarif. Il rappelle que les jours consacrés à la prospection, à l’administratif et à la formation ne sont pas facturés, et qu’ils vivent à l’intérieur de la même année. Et il commande la façon dont le plancher conventionnel se décline : au forfait en jours, le revenu minimal se calcule par journée ou demi-journée travaillée, tandis qu’en décompte horaire il se calcule sur le plafond horaire de la sécurité sociale. Un porté en forfait jours n’a donc pas un plancher mensuel figé.

Troisième borne : ce qui est prélevé sur le prix avant vous

Le prix que vous négociez est un prix hors taxes encaissé par l’entreprise de portage. La convention pose la mécanique en une ligne : prix de la prestation hors taxes encaissé, moins les frais de gestion, égale montant disponible. C’est ce montant disponible qui finance ensuite les prélèvements et la rémunération.

Or aucun texte ne plafonne le taux des frais de gestion. La lecture des articles L1254-1 à L1254-31 du code du travail et des articles financiers de la convention ne fait apparaître ni plancher, ni plafond, ni fourchette. Ils se négocient et se comparent, et le dire franchement vaut mieux que de laisser croire à une protection qui n’existe pas.

En contrepartie, la transparence est un droit. Les modalités de calcul et de versement des frais de gestion doivent figurer dans le contrat de travail, et leur détail doit vous être communiqué chaque mois sur votre compte d’activité, avec le montant exact versé par le client. Vous pouvez donc demander à chaque société envisagée de chiffrer un tarif donné avant de signer, plutôt que de raisonner sur un taux affiché. L’article 21.5 de la convention prévoit d’ailleurs que certaines charges restent financées en dehors des frais de gestion : comparer deux offres sur le seul taux affiché est trompeur.

Si après cette lecture un point reste flou, c’est exactement celui qu’il faut nous écrire : c’est là que se joue votre réponse.

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Qui négocie le prix, et qui l’inscrit au contrat

Le prix se négocie entre vous et l’entreprise cliente. Ce n’est pas une tolérance, c’est la condition posée par l’article L1254-2 : l’autonomie exigée du salarié porté est précisément celle de convenir avec ses clients des conditions d’exécution de la prestation et de son prix.

En revanche, ce n’est pas vous qui facturez. Le contrat commercial est conclu entre l’entreprise de portage et l’entreprise cliente, et c’est l’entreprise de portage qui encaisse. Le salarié porté n’émet aucune facture et ne collecte aucune taxe à ce titre.

Le contrôle qui en découle est simple. Le contrat commercial reprend les éléments essentiels de la négociation menée entre vous et le client, et une copie doit vous être adressée. Le contrat de travail, lui, doit faire apparaître le prix de la prestation et sa décomposition, frais de gestion compris. Le tarif que vous avez défendu doit s’y retrouver à l’identique. Sources ouvertes le 29 août 2026.

Ce que cette page ne dit pas

Elle ne convertit aucun brut en net. Les sources retenues ne contiennent aucun taux de cotisation, et une conversion approximative ferait plus de mal qu’un silence, parce qu’elle serait utilisée comme un repère.

Elle ne donne ni taux de frais de gestion, ni comparaison chiffrée avec la micro-entreprise ou la société par actions simplifiée unipersonnelle. Ces chiffres n’ont pas été rouverts à la source, donc ils ne sont pas publiés ici.

Elle ne fixe pas non plus le montant en euros du plancher de votre échelon, pour la raison exposée plus haut : la source oppose deux lectures et n’en tranche aucune. Le montant applicable dépend de la société de portage retenue et doit figurer dans son contrat, où il devient opposable.


La suite, en pratique

Ce guide prolonge le calcul du TJM en portage salarial, où la même question est reprise du point de vue de votre situation.

Trois situations reprennent ce point sous un autre angle : Le choix entre portage et micro-entreprise, Ce que dit le code du travail sur le portage salarial en marketing, La comparaison entre portage et freelance.

La règle se lit partout pareil, le marché non : Portage salarial à Bouc-Bel-Air et le tissu d’entreprises à Roquevaire n'ouvrent pas les mêmes missions. La couronne de Marseille et d’Aix.


Votre cas vaut mieux qu’une simulation

Décrivez-nous votre métier, la mission que vous envisagez et le point qui vous bloque. Nous vous répondons sur votre cas, avec le texte qui fonde la réponse, ou l’aveu franc que la source ne tranche pas.

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Plus vous êtes précis sur votre métier, sur la mission envisagée et sur l’entreprise cliente, plus notre réponse le sera. Nous n’avons besoin d’aucun numéro de téléphone.

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